

Denses, hypnotiques, d’une beauté austère et renversante, les œuvres d’Ushio Amagatsu suscitent l’admiration dans le monde entier. Depuis 35 ans, sa compagnie, Sankai Juku, véhicule sa vision très personnelle du butô, une danse contemporaine japonaise. Ayant foulé les planches du Grand Théâtre à deux reprises par le passé, la dernière fois en 1993, cette célèbre troupe de danse nous revient avec Hibiki (Lointaine résonance), une création splendide, couronnée d’un prix Laurence Olivier (pour la meilleure production chorégraphique) à Londres. Vêtus de longues robes, le crâne rasé et le corps enduit de poudre blanche, les danseurs évoquent, ici, cette lointaine résonance, ce « dialogue entre les consciences » décrit par le chorégraphe.
« Des figures serpentiformes qui parlent de sexualité et d’androgynie; des représentations entre sadisme et douceur; des visions de fœtus, de naissance et de mort. Plus qu’envoûtant, le spectacle est alors véritablement magnétique. » (Midi Libre, Montpellier)
Sankai Juku, qui signifie « l’atelier entre la montagne et la mer », fait ses débuts au Japon, en 1975. Avec Kinkan Shonen (1978), la compagnie secoue le public en offrant une nouvelle image du butô. En 1980, elle est invitée au Festival de Nancy, en France. Le succès est tel que ces Japonais resteront quatre ans en Europe, invités par les plus grands théâtres et les meilleurs festivals. Après l’Europe occidentale, ce sera au tour des deux Amériques, des pays de l’Est, puis du reste de l’Asie de découvrir Sankai Juku. Aujourd’hui, toujours basée à Tokyo, Sankai Juku est la compagnie japonaise qui fait le plus de tournées internationales. Elle a déjà été accueillie dans plus de 700 villes, réparties dans 43 pays.


Auréolé de prestige au pays comme à l’étranger, le Ballet national du Canada (BNC) fait une rarissime escale à Québec. Fondé en 1951, il compte plus de 70 danseurs (dont 58 seront à Québec) dirigés depuis 2005 par Karen Kain. Celle qui fut une des grandes ballerines de son temps et danseuse étoile du BNC propose un programme qui ne manque pas d’audace. Place aux délicieux 24 Preludes de Chopin (titre original) de Marie Chouinard – reconfigurés ici pour 17 interprètes – et à l’époustouflante Emergence de Crystal Pite, une œuvre pour 38 danseurs, plantée dans un décor monumental et couronnée par quatre prix Dora Mavor Moore.
« Adaptée pour la distribution plus nombreuse du BNC, cette pièce [24 Preludes] demeure prodigieuse et impressionnante, un exemple à part d’art chorégraphique. » (The National Post, Toronto). « Le chef-d’œuvre de Pite [Emergence] contient en lui-même l’avenir du ballet. » (Eye Weekly, Toronto)
Le BNC figure parmi les meilleures compagnies de ballet de la scène internationale. Fondé en 1951 par Celia Franca, il est l’unique compagnie canadienne à offrir un vaste éventail de grandes œuvres classiques. Son répertoire inclut des chorégraphies de sir Frederick Ashton, George Balanchine, John Cranko, William Forsythe, James Kudelka, Jiří Kylián, John Neumeier, Rudolf Noureev et Glen Tetley. Première compagnie de ballet canadienne, le Ballet national du Canada s’est produit devant plus de 10 millions de spectateurs à ce jour. Il a été invité à se produire partout en Amérique du Nord, en Europe, en Israël et en Asie.


BJM DANSE MONTRÉAL revient avec une autre belle proposition signée Louis Robitaille. Doué pour repérer les nouveaux talents et soucieux d’inviter des chorégraphes réputés, le directeur artistique de la compagnie orchestre des programmes divertissants et hautement satisfaisants. Cette fois-ci, il a déniché Annabelle López Ochoa, le secret le mieux gardé de la scène de danse contemporaine européenne, qui propose Locked up Laura, duo sensuel et tout en jambes, ainsi que Zip Zap Zoom, un ingénieux chassé-croisé entre la scène et l’univers virtuel. Il a aussi fait appel à Mauro Bigonzetti, chorégraphe et directeur artistique d’Aterballetto, le ballet italien le plus en vue. Bigonzetti nous réserve une œuvre élégante et ludique, Rossini Cards, dansée sur la musique fougueuse de Gioacchino Rossini.
« Après un mouvement si remarquable, les applaudissements ne pouvaient suffire. J’ai ressenti une immense dette envers Bigonzetti pour m’avoir fait part d’un tel instant de beauté. » (Broad Street Review, Philadelphie)
Compagnie de renommée internationale, BJM DANSE MONTRÉAL a été fondée en 1972 par Geneviève Salbaing, Eva Von Gencsy et Eddy Toussaint. En 1998, le danseur étoile Louis Robitaille prend la direction artistique de la compagnie et lui insuffle un vent de fraîcheur. Tous formés en danse classique, ses interprètes collaborent étroitement avec les chorégraphes invités, afin de créer un répertoire exclusif qui reflète la personnalité de la compagnie. BJM Danse doit son succès à son énergie notoire, à la personnalité et à la technique de ses danseurs, ainsi qu’à un nouveau corpus d’œuvres chorégraphiées par des créateurs comme Rodrigo Pederneiras, Crystal Pite, Patrick Delcroix, Trey McIntyre, Mia Michaels, Edgar Zendejas et Aszure Barton.


Directement de Brisbane en Australie, la compagnie CIRCA effectue sa première visite à Québec, après une tournée qui l’aura menée en Belgique, en Allemagne, en Angleterre et aux Pays-Bas. Mélangeant habilement la danse, le cirque et les projections, son œuvre éponyme, créée en 2009, est un amalgame des trois œuvres les plus applaudies de la compagnie à ce jour. Plus que jamais, CIRCA réinvente le cirque-danse, explorant le mouvement dans ce qu’il a de plus aventureux. Sept interprètes multiplient les acrobaties spectaculaires d’une grande complexité, où la précision et le sens du rythme font foi de tout. L’œuvre est appuyée par une solide trame musicale réunissant Sigur Rós, Leonard Cohen, Jacques Brel, Cake, Gavin Bryars, Aphex Twin et Radiohead. Un spectacle hautement poétique et sensuel.
« Moment fort du plus récent Festival d’Édimbourg, cette compagnie australienne est acclamée à travers le monde, tant par la critique que par le public. […] CIRCA est une ode à la vie, la création d’une poésie en mouvement. (Irish Times, Irlande)
Fondée en 1987 sous le nom de Rock’n’Roll Circus, cette compagnie que l’on appelle CIRCA depuis 2004 a une vision bien à elle du cirque, le percevant comme une forme d’art contemporain remplie de défis. CIRCA est composée d'interprètes des plus polyvalents travaillant sans relâche à explorer et à repousser les limites du cirque. Chaque année, CIRCA se produit devant plus de 50 000 personnes, aussi bien en Australie qu’à l’étranger, en plus d’offrir des programmes de formation sur le cirque aux personnes âgées de 3 à 63 ans, qu’elles soient débutantes ou professionnelles.


Noir désir, appétit bleu pétrole, amour fou, furieux, fatal. Bienvenue dans le monde de Gainsbourg, toujours autant d’actualité, revisité par Jean-Claude Gallotta et Alain Bashung. Poème chorégraphique et symphonique aux accents seventies, L’Homme à tête de chou ranime la sombre histoire d’un journaliste à scandales tombé amoureux de Marilou, shampouineuse infidèle qui finira sous les coups du scribouillard jaloux. Usant de retours en arrière, ce conte pour adultes, chorégraphié par le grand manitou de la danse contemporaine française, compte une douzaine de tableaux électrisants, dansés par 14 interprètes et portés par la voix unique d’Alain Bashung. Denis Clavaizolle (Jean-Louis Murat, Daniel Darc, etc.) signe de fantastiques orchestrations de l’album original de Gainsbourg et les musiques additionnelles du spectacle. Tragique. Érotique. Un événement!
« Ils sont quatorze en jeans et chemise, parfois torse nu ou soutien-gorge de dentelle noire, à figurer à tour de rôle les héros du drame sanglant, à aimer l’amour et le sexe jusqu’à en mourir. […] La trinité Gallotta, Gainsbourg, Bashung nous a promenés, entre les corps et les voix, violence et douceur, dans les abîmes du désir et de la jalousie. » (Télérama, Paris)
Jean-Claude Gallotta est l’auteur d’une cinquantaine de chorégraphies, présentées sur tous les continents, dont L’Homme à tête de chou applaudie dans une dizaine de villes françaises depuis sa création en novembre 2009. Cette histoire de basculement dans la folie est aussi marquée par l’absence. Absence de Gainsbourg évidemment, mais aussi de Bashung, qui devait interpréter les chansons sur scène. Le destin en a voulu autrement. Emporté par un cancer, Bashung est allé rejoindre Gainsbourg en mars 2009. Mais la chaise sur laquelle il se déplaçait au cours des répétitions est toujours là. Au début de chaque spectacle, on la retire doucement de la scène, émouvant salut au disparu. Le spectacle reste cependant un cri de désir, une folle envie de durer.

Toujours aussi prisées, des activités en lien avec notre programmation vous seront proposées dès 19 h les soirs de spectacle. Tout sera mis en œuvre pour faire de votre soirée un dépaysement global!