L’automne 2026 au Grand Théâtre : Communions et moments suspendus
Incontournables, inédits et découvertes : Jean-Claude Anto, directeur de la programmation du Grand Théâtre, brosse un portrait de la saison.
Toujours à l’affût de propositions artistiques intéressantes, Jean-Claude Anto a fréquenté plusieurs festivals cet été — de la Noce au Saguenay en passant par les Francos de Montréal et le Festif de Baie-St-Paul, sans oublier l’incontournable Festival d’été de Québec auquel il assiste depuis des décennies!
L’enthousiasme est sincère (et contagieux!) chez ce passionné qui apprécie autant les démarches au long cours que celles qui creusent leur sillon. « Je vais voir de nouveaux artistes, mais aussi ceux que je connais, pour voir où ils sont rendus, explique-t-il. J’essaie d’être ouvert et flexible. C'est utile pour alimenter la variété de la programmation. »
Communions festives
Au rayon des grandes communions, le directeur de la programmation du Grand Théâtre encercle plusieurs rendez-vous au calendrier.
JF Pauzé, des Cowboys Fringants, viendra pour la première fois au Grand Théâtre avec son projet solo après avoir enflammé les festivals tout l’été. « Il est excellent, tout feu tout flamme, observe Jean-Claude Anto. Le monde chante toutes les chansons, pas juste les chansons des Cowboys. Ça crée un moment de communion exceptionnel. »
Le rock indépendant d’Half Moon Run bénéficiera d’un élan magistral avec l’accompagnement de l’Orchestre FILMharmonique, tout comme les chansons de Louis-Jean Cormier, dont chaque venue au Grand Théâtre fait des étincelles. Le quatuor acoustique venu des prairies canadiennes The Dead South suscite pour sa part un engouement indéfectible avec son bluegrass rassembleur. « Ils ont fait trois fois le Festival d’été, d’ailleurs c’est un spectacle que nous présenterons en collaboration avec BLEUFEU », souligne Jean-Claude Anto.
Incontournables
Autre moment phare : Everybody knows Leonard Cohen, un spectacle pour souligner le 10e anniversaire du décès du géant de la chanson anglophone, par son fils Adam. « C'est la première fois qu'il accepte officiellement de faire une tournée de spectacle avec les chansons de son père. Accompagné d'autres membres de sa famille et d’invités spéciaux, il va y avoir un aspect magique à cette grande célébration. »
Zachary Richard, qui a fêté ses 50 ans de carrière l'an dernier, présentera un superbe spectacle entouré de ses vieux chums. « Il faut profiter de sa présence, puisqu’il ne vient pas souvent en salle. C’est un immense privilège de l’accueillir cet automne », indique le directeur de la programmation.
Parmi les incontournables, il nomme aussi le tout nouveau stand up de Louis-José Houde intitulé Et jusqu’à la fin la beauté. qui marque d’une pierre blanche le parcours de l’humoriste adulé. « C’est un show important pour lui, drôle mais très sensible. On est heureux qu’il nous fasse confiance pour présenter chez nous sa première et plusieurs supplémentaires. »
Grands retours
Au fil du temps, pour de nombreux artistes, le Grand Théâtre est devenu une deuxième maison. Ils s’y sentent à l’aise, bien entourés et y reviennent avec bonheur. C’est le cas de Boucar Diouf, Paul Piché, Claude Dubois, Fred Pellerin, et Pierre Lapointe, par exemple. « Un lien spécial s’est établit entre ces artistes-là et notre clientèle, observe Jean-Claude Anto. Même si on se retrouve dans une grande salle, il y a un rapport de proximité qui est tellement fort qu’on ne sent pas de distance. »
C’est aussi le cas de Pat Metheny, musicien aguerri qui se renouvelle sans cesse en fusionnant jazz et autres styles. Il sera cette fois accompagné d’un quatuor pour Side-Eye III+, son plus grand ensemble sur scène depuis plus de dix ans.
Moments suspendus
L’automne au Grand Théâtre sera aussi tissé de moments suspendus comme ce sera le cas lors du concert N’aie pas peur de Jorane où se rencontreront textures organiques et pulsations électro ou encore lors d’Ensemble doux de Marie-Pierre Arthur : « Une superbe relecture de ses chansons, un cocon où la fusion des voix est extraordinaire avec N Nao, Em Pompa et Velours Velours. »
Piano, voix, diapos de Dumas est de la même étoffe. « Il a toujours fait de très petites salles avec ce spectacle-là. C’est tellement bon et efficace; je sais que ça va très bien fonctionner chez nous », assure Jean-Claude Anto.
Découvertes
Au volet des découvertes, le STUDIOTELUS demeure un endroit privilégié. Sandrine Masse, artiste wendat et québécoise et lauréate de la bourse Karim-Ouellet 2025, viendra éventuellement y lancer son EP. On pourra aussi voir Arpin Lépine, ce « très chouette auteur-compositeur avec un côté country, qui peut parler à un large public, dont les fans des Cowboys Fringants », note Jean-Claude Anto.
La populaire série Croissants-Musique, permettra entre autres d’entendre gratuitement Luan Larobina, une étoile montante dont l’album paraîtra prochainement. « Elle a une présence très réconfortante, très douce. Elle est d’origine gaspésienne, chante en français et en espagnol, et dans ses chansons, on voyage. »
Certains artistes exceptionnels mériteraient d’être connus davantage, selon le directeur de la programmation, tel que le projet musical de la chanteuse et violoniste québécoise Margaux Sauvé et du compositeur et réalisateur québécois Louis-Étienne Santais, Ghostly Kisses. Ce groupe de la ville de Québec, dont l’univers éthéré et envoûtant rayonne sur la scène internationale, présentera d’ailleurs un concert inédit avec l’Orchestre FILMharmonique en octobre.
D'autres projets peuvent aussi prendre du temps pour aboutir sur nos scènes en fonction des agendas respectifs de chacun. Par exemple, Mentana, dont tous les membres sont passés séparément au fil des ans, présentera l’épopée festive en français Les Frolics à deux reprises : au grand public en soirée et dans la formule de Concerts pour toutes les oreilles en journée. « Ça, c'est une petite victoire personnelle. Je les aime beaucoup, ça fait des années que j’essaie de les avoir ici. »
Points de rencontre
Le directeur de la programmation souligne aussi le dynamisme et l’audace des résidents du Grand Théâtre. L'Orchestre symphonique de Québec, le Théâtre du Trident et l’Opéra de Québec jouent d’audace en ne se limitant pas à ce qui est attendu. « Je crois qu’il y a plein d’opportunités de continuer à s'inspirer et à s'influencer. On sent qu’il y a un travail d'équipe qui se fait, souligne-t-il. Parfois, des artistes que j’envisageais de présenter se retrouvent, par exemple, en formule symphonique avec l’OSQ, ou au Trident comme interprètes ou pour des conceptions sonores. »
Du côté de la danse, le Grand Théâtre célèbre 20 ans de complicité avec La Rotonde. Cet automne, ils coprésenteront V!TAL d’Ismaël Mouaraki, créateur de l’époustouflant Le Sacre de Lila (2024). C’est l’incontournable Marie Chouinard qui lancera la série avec un programme double inspiré des musiques de Bach et du poète Henri Michaux.
Au Grand Théâtre, tout est en place pour que les artistes puissent performer dans les meilleures conditions possibles. « Je continue de me laisser surprendre. Le talent est tellement brut : quand ils viennent ici, ils donnent leur maximum et c’est toujours épatant. »
Envie de vivre de grands moments au Grand Théâtre cette année?
Plus récentes chroniques
-
10 septembre 2026Les dialogues des âmes de Marie ChouinardLa danse de Marie Chouinard se nourrit souvent d’autres formes d’art. Musique, livre et dessins prennent corps dans ses œuvres …
-
28 août 2026L’Empreinte de l’art : Un demi-siècle de danse au Grand Théâtre de QuébecConsidérée comme le mode d’expression universel, la danse est avant tout l’art du mouvement. Il faut remonter aux origines de …
-
14 août 2026Curieux de culture - DumasAuteur-compositeur-interprète effervescent et créateur de 12 albums depuis le début des années 2000, dont le disque culte Le cours des …