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Madeleine Peyroux sera à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, le 28 mars. L'Américaine francophile, qui a habité à Paris, y présentera notamment des chansons de son plus récent disque Let's Walk, des morceaux de ses opus précédents, des nouveautés et peut-être même un grand classique de la chanson québécoise.

Sur scène, elle sera accompagnée de son complice multi-instrumentiste Jon Herington et du bassiste Barak Mori. « Ce sera très collaboratif. Le gars vont chanter aussi. Ce sera très intime mais ça va sonner comme un groupe. », explique-t-elle.

En entrevue, l'artiste ne se gêne pas pour dénoncer le climat politique qui prévaut aux États-Unis. Sur scène, elle tente toutefois d'apporter un peu de lumière en ces moments sombres. « Lors de cette tournée, je vais essayer d'être la plus positive possible. J'ai toujours choisi des chansons qui encouragent le côté humain et qui rejettent les choses qui nous divisent. » « Mes chansons ont toujours pas mal parlé d'unité et de trouver une façon d'être bons les uns envers les autres », ajoute-t-elle.

Le public devrait sortir du spectacle l'espoir au cœur et le sourire aux lèvres. « Nous sommes présentement à une époque très grave. Je crois qu'il existe présentement cette frontière très délicate entre la comédie et la tragédie dans le monde où l'on vit actuellement. C'est bien de rire pour se donner de l'énergie », dit Madeleine Peyroux. « Se rassembler dans une salle avec d'autres gens est, je crois, une expérience de guérison. » Pour l'artiste, vibrer ensemble au son de la musique a quelque chose de beau et d'harmonieux.

Gens du pays

Sur la scène du Grand Théâtre, Madeleine Peyroux pourrait réserver à son public québécois une chanson choisie spécialement pour l’occasion, soit l'un des grands classiques de Gilles Vigneault.

« J'ai découvert Gens du pays et je voudrais vraiment la faire. Oh, ce serait épatant! Je l'aime vraiment. Je vois pourquoi certaines personnes disent que c'est l'hymne national non-officiel du Québec. C'est une chanson si merveilleuse! Plusieurs hymnes nationaux parlent de guerre. Notre hymne américain parle de bombarder les gens. Mais Gens du pays est tout le contraire », dit l'artiste.

« J'ai très hâte de venir au Québec. J'ai cinq spectacles dans la province et je vais conduire pour m'y rendre, car je veux m'arrêter et vivre les choses un peu différemment. Je suis en admiration devant la culture québécoise. J'espère que nous allons nous amuser et devenir de vieux amis. Et j'aimerais bien apprendre d'autres chansons québécoises », dit celle qui habite dans l'État de New York.

Sur scène, elle pourrait également interpréter des morceaux du légendaire Leonard Cohen, qu'elle a déjà rencontré. Rappelons que sur son opus, Careless Love, sorti en 2004, Madeleine Peyroux y livrait sa version du classique du poète montréalais Dance Me to the End of Love.

Let's Walk

Sorti au début de l'été 2024, Let's Walk est le neuvième opus de Madeleine Peyroux. Ancré dans une réflexion politique et sociale, ce disque est très personnel. La composition s'est échelonnée sur environ deux ans, à partir de 2020, dit l'artiste. Jon Herington en a coécrit les pièces avec elle et en a assuré la coréalisation.

Des événements dramatiques sont venus teinter la création de cet album : la crise de la COVID et la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier à son arrestation, à Minneapolis. Sa pièce How I Wish a notamment été inspirée par cet événement tragique et les relations raciales aux États-Unis.

« Présentement, c'est 20 fois, 100 fois, mille fois pire depuis janvier 2025 », faisant allusion, sans le nommer, au retour de Donald Trump à la présidence américaine et à la situation politique actuelle.

En plus de thématiques plus graves, on retrouve aussi une pointe d'humour sur Let's Walk, y compris sur le morceau en français intitulé Et puis. Lorsqu'elle vivait à Paris, Madeleine Peyroux avait remarqué que des parents bourgeois achetaient un appartement pour leurs enfants jeunes adultes. Sur cette chanson satirique, l'artiste se met dans la peau d'un tel jeune nanti qui ignore le privilège dont il jouit.

Madeleine Peyroux porte souvent l'étiquette de chanteuse de jazz, mais Let's Walk présente aussi plusieurs influences musicales comme le folk ou la pop. « Je serais honorée d'être étiquetée comme chanteuse de jazz, mais je ne suis pas une puriste. Je suis tout le contraire », lance-t-elle. Pour l'artiste, il est bon d'écouter ses envies et de se plier à ses inspirations musicales du moment.

« J'ai été façonnée par le folk et le blues, principalement, et aussi par la chanson populaire », résume-t-elle au sujet de ses multiples racines musicales.

Peyroux-LetsWalk-Cover

30 ans déjà

Née en à Athens, en Géorgie, Madeleine Peyroux met le cap sur la Ville Lumière avec sa mère alors qu'elle est jeune adolescente. Elle chante ensuite dans les rues de la capitale française, avant de se joindre à des groupes de jazz. Son premier album, Dreamland, a vu le jour en 1996. Il célèbre son trentième anniversaire cette année.

Parmi les moments marquants des trois dernières décennies, la chanteuse souligne ses rencontres avec des musiciens et musiciennes légendaires. « La première chose qui me vient à l'esprit, ce sont les autres artistes que j'ai rencontrés. Abby Lincoln, Odetta (musicienne et militante des droits civiques), Judy Collins, Ray Charles, Ruth Brown, en plus de Leonard Cohen », conclut-elle, des étoiles dans la voix.


Madeleine Peyroux sera en concert au Grand Théâtre de Québec le 28 mars 2026 à 20 h, dans le cadre de sa tournée Let's Walk.

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