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Hall du Grand Théâtre

1963 – Coup d’envoi d’un grand projet culturel pour Québec

En février 1963, lors d’un séjour dans la capitale de l’Île-du-Prince-Édouard, Jean Lesage, premier ministre du Québec, participe à l’inauguration du chantier de construction du Confederation Center of the Arts. Financé par le gouvernement fédéral et les dix provinces canadiennes, l’imposant complexe culturel commémorera la mémoire des Pères de la Confédération canadienne qui s’étaient réunis à Charlottetown en 1864.

Lesage en profite pour rappeler au premier ministre canadien, Lester B. Pearson, que la ville de Québec est également un des berceaux de l’union canadienne. En effet, c’est dans le Vieux-Québec, au Parlement du Canada-Uni, que furent débattues et adoptées, en 1864, les 72 Résolutions de Québec qui ont défini le projet de Confédération canadienne. Le premier ministre québécois suggère donc à son homologue fédéral de participer à la création, à Québec, d’un « monument » qui commémorera le centenaire de la Confédération en 1967. Les discussions sont lancées!

Quelques mois plus tard, alors que les échanges entre Québec et Ottawa s’accélèrent, Jean Lesage confie au ministre des Affaires culturelles, Georges-Émile Lapalme, la responsabilité de définir le projet. Le « Comité consultatif pour le monument commémoratif de la Confédération à Québec » remet bientôt ses recommandations : l’édifice devra abriter une salle d’opéra et de concert, une salle destinée au théâtre et le Conservatoire de musique de Québec.

Août 1963 – À la recherche d’un site

Dès l’annonce du projet, le comité consultatif reçoit plusieurs propositions de sites en vue de l’implantation du Grand Théâtre.

  • Les membres du Centre d’affaires Saint-Roch suggèrent d’ériger l’édifice « sur le terrain du parc Cartier-Brébœuf, au centre du quartier le plus populeux de Québec ».
  • Les Jésuites proposent le terrain de la Villa Manrèse, situé entre le chemin Sainte-Foy et la côte de la Pente-Douce. Ils recommandent l’installation d’escaliers roulants permettant au public de la basse-ville d’accéder aisément à l’édifice!
  • Wilbrod Bhérer, président de la Commission des écoles catholiques de Québec, convainc le maire de Québec de reconsidérer son projet d’implantation d’une nouvelle centrale de police au parc Victoria, et de céder le terrain au gouvernement afin que le futur centre culturel forme « le cœur d’un immense parc public destiné au bien-être de la population, à l’avancement de sa culture et à l’avancement des Arts ».
  • L’emplacement exceptionnel occupé par la prison de Québec sur les plaines d’Abraham est également considéré.
  • Il est même question de deux sites historiques du Vieux-Québec : le parc des Gouverneurs et le parc Montmorency.

Le 22 octobre, le comité consultatif analyse les propositions reçues et les écarte une à une en raison de plusieurs facteurs :

  • l’insuffisance du réseau routier menant au parc Cartier-Brébœuf ;
  • les coûts élevés d’achat et de démolition de la Villa Manrèse et de ses dépendances ;
  • la présence de voies ferrées en bordure du parc Victoria où « les sifflets des locomotives accompagneront la musique de la salle de concert » ;
  • les délais qu’entraînerait la construction d’une nouvelle prison ;
  • l’importance de préserver l’intégrité du Vieux-Québec.

Au terme des délibérations, les membres du comité se rangent à l’opinion exprimée par le premier ministre Lesage dès le début des discussions entre Québec et Ottawa : l’édifice sera érigé à proximité du Parlement et formera « le point final de l’extension des bâtiments gouvernementaux prévus sur la colline Parlementaire ». On souhaite ainsi créer un centre d’attraction susceptible d’animer le secteur après la fermeture des bureaux, grâce à la présence potentielle de 2 500 spectateurs.

1964 – Le concours d’architecture est lancé

Le ministère des Affaires culturelles lance un concours national d’architecture à l’issue duquel sera choisi l’architecte chargé de la conception de l’édifice. Un jury constitué de sommités québécoises et internationales retient le projet de style brutaliste soumis par l’architecte-urbaniste Victor Prus. Canadien d’origine polonaise établi au Québec depuis 1952, Prus privilégie dans son concept une architecture où la notion d’ambiance, déterminante dans son œuvre, vise à susciter l’émotion et à stimuler l’imaginaire. Le Grand Théâtre de Québec constituera l’incarnation la plus totale d’une démarche qui l’animera tout au long de sa vie.

Choisi par Victor Prus, le sculpteur et muraliste Jordi Bonet se voit confier la conception et la réalisation de la murale monumentale qui couvrira trois des murs intérieurs du Grand Théâtre. Né à Barcelone en 1932 et installé au Québec depuis 1954, Jordi Bonet est un fervent admirateur de l’architecte catalan Antoni Gaudí, à qui l’on doit la Sagrada Família, célèbre basilique de Barcelone.

En savoir plus sur Jordi Bonet et la murale

Une architecture fonctionnelle de style brutaliste

Faisant preuve d’une remarquable compréhension des contraintes liées à l’espace réduit sur lequel doit s’élever l’édifice, Victor Prus conçoit un bâtiment compact qui satisfait avec logique et clarté aux exigences multiples d’un complexe destiné à abriter deux salles de spectacles polyvalentes ainsi qu’un conservatoire de musique. La salle Octave-Crémazie et la salle Louis-Fréchette seront superposées et isolées des bruits extérieurs par les foyers qui les entourent, tandis que le Conservatoire se déploiera sur deux paliers souterrains, autour d’une cour encaissée. De style brutaliste, la construction du complexe culturel privilégiera l’emploi de matériaux bruts comme le béton armé.

L'architecte Victor Prus
L'architecte Victor Prus

1965 – À la recherche d’un nom

Le Monument commémoratif du centenaire de la Confédération, ça vous dit quelque chose? C’est sous ce nom que le projet du Grand Théâtre de Québec voit le jour en 1963. Pendant sa genèse, plusieurs noms seront envisagés :

  • L’Édifice commémoratif du centenaire
  • Le Centre culturel de Québec
  • Le Conservatoire de Québec
  • Le Théâtre de la Colline
  • Place de la Cité
  • Le Théâtre de Québec (dont les deux salles auraient été nommées Petit Théâtre et Grand Théâtre)

Des personnages historiques sont également pressentis pour prêter leur nom à l’édifice :

  • Jean de Biencourt de Poutrincourt, luthiste et fondateur de Port-Royal en Acadie
  • Louis Jolliet, explorateur et premier organiste de la cathédrale de Québec
  • Calixa Lavallée, compositeur de l’hymne national canadien
  • Marc Lescarbot, auteur de la première pièce de théâtre écrite et produite par des Européens en Amérique du Nord

Finalement, inspirés par le caractère particulier de Québec, seule capitale francophone en Amérique, les responsables du projet privilégient un nom que partagent déjà de nombreux théâtres réputés à travers la francophonie : le Grand Théâtre.

Coup de théâtre! Portée au pouvoir à l’issue de l’élection provinciale de juin 1966, l’Union nationale, toujours fidèle à la doctrine conservatrice de son ancien chef Maurice Duplessis, freine plusieurs projets de modernisation de l’État. Alors que le chantier en est à l’étape de l’excavation, le projet tombe brusquement au point mort. Soumis aux aléas de la nature, l’immense trou destiné à recevoir les fondations du Grand Théâtre devient au fil des mois un lac grisâtre aux eaux stagnantes, à deux pas du Parlement. À la fois insolite et politique, le sujet captive les médias locaux.

Estimant que la construction du Grand Théâtre sera trop coûteuse, le nouveau ministre des Affaires culturelles, Jean-Noël Tremblay, envisage la rénovation du Palais Montcalm. Il finit toutefois par se rallier à l’avis des spécialistes du ministère, notamment à celui du chef du service responsable du Grand Théâtre, Ulric Breton, et recommande la relance du projet en septembre 1967. L’assèchement de ce que les médias appellent « le trou » du Grand Théâtre met fin à plus d’un an d’interruption du chantier.

En décembre 1968, le ministre des Affaires culturelles annonce que l’inauguration de la grande salle (future salle Louis-Fréchette) aura lieu en septembre 1969. Toutefois, plusieurs observateurs se montrent sceptiques puisqu’à moins de huit mois de cette échéance, l’imposant édifice est encore loin d’être achevé. Le contrat relatif au chantier de la petite salle de théâtre n’est pas attribué et on sait déjà que les travaux s’étaleront sur plusieurs mois, rendant impossible la tenue de toute activité artistique dans l’ensemble de l’édifice. Après l’interruption forcée du chantier, encore fraîche dans la mémoire des citoyens, l’inauguration de la grande salle, suivie d’une fermeture prolongée, constituerait un faux départ pour la crédibilité et l’attractivité du Grand Théâtre.

En mai 1969, peu de temps après la réalisation de la murale par Jordi Bonet et son équipe, le chantier du Grand Théâtre est à nouveau paralysé, en raison cette fois du déclenchement d’une grève de la construction. Il s’écoule deux mois avant la reprise des travaux. Une fois encore, l’échéancier doit être remanié. Tandis que le ministère des Travaux publics prévoit livrer l’édifice en décembre 1969, le ministre des Affaires culturelles joue de prudence et annonce que l’inauguration pourrait avoir lieu en juin 1970.

À la fin de l’hiver 1970, il ne se passe plus une semaine sans que la date de l’inauguration du Grand Théâtre ne fasse l’objet de spéculations les plus diverses dans les médias. Une part des inquiétudes s’estompe cependant lorsque le chantier d’aménagement de la petite salle est lancé, à l’approche des élections d’avril 1970.

Site du Grand Théâtre avant sa construction
Construction du Grand Théâtre et de la cour du conservartoire
Construction du Grand Théâtre
Construction des premiers étages du Grand Théâtre
Construction des murs extérieurs du Grand Théâtre
Construction du toit et des étages du Grand Théâtre
Construction des étages supérieurs du Grand Théâtre
Extérieur du Grand Théâtre une fois terminé
Construction de l'intérieur du Grand Théâtre
Construction de la Salle Louis Fréchette
Le Comité organisateur du Grand Théâtre
Site du Grand Théâtre avant sa construction
Construction du sous-sol et de la cour du conservatoire
Construction du rez-de-chaussée
Construction des premiers étages
Construction des murs extérieurs
Construction des étages et du toit
Construction des étages supérieurs
Grand Théâtre une fois la construction terminée
L'intérieur en construction
Construction de la salle Louis-Fréchette
Comité organisateur du Grand Théâtre

Novembre 1970 – Formation de la première équipe de direction

Alors que l’inauguration approche à grands pas, le ministère des Affaires culturelles procède à la nomination de la première équipe de direction de la Régie du Grand Théâtre de Québec. Étroitement associé à la création du Grand Théâtre depuis plusieurs années, le directeur général du service du théâtre du ministère, Guy Beaulne, est nommé au poste de directeur général de la nouvelle Régie. Ulric Breton, qui dirigeait au ministère le service responsable du Grand Théâtre et qui a joué un rôle déterminant dans les décisions menant à la relance du projet en 1967, est nommé au poste de directeur administratif. Enfin, Yvon Sanche, qui a conseillé l’architecte Victor Prus à titre de consultant à la scénographie, devient le premier directeur des services scéniques du Grand Théâtre.

Décembre 1970 – Inauguration du Grand Théâtre

Près de cinq ans après la première pelletée de terre, l’achèvement des travaux permet au gouvernement d’annoncer la date d’inauguration du complexe culturel qui devait commémorer le centenaire du pays en 1967! Coût total : 10 millions $ pour le théâtre et 4 millions $ pour le Conservatoire de musique.

Malgré les aléas qui ont ponctué sa genèse, c’est un Grand Théâtre conforme à la vision de ses concepteurs qui se révèle aux citoyens et aux dignitaires invités à participer à la cérémonie d’inauguration le 16 janvier 1971. Dès le lendemain, l’Orchestre symphonique de Québec, sous la direction de Wilfrid Pelletier et de Pierre Dervaux, donne le coup d’envoi du festival d’ouverture qui se poursuit jusqu’au 27 janvier 1971 et qui propose notamment l’opéra-rock Tommy des Grands Ballets Canadiens, d’après l’album mythique du groupe britannique The Who, ainsi que la première production du Théâtre du Trident, O-71, de l’auteur Jean Barbeau, originaire de la région de Québec.

Ouvrier et Jordi Bonet devant la murale
Jordi Bonet de profil pendant la construction de la murale
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Jordi Bonet avec son casque pendant la construction
Jordi Bonet pendant la construction
Murale Jordi Bonet «Vous êtes pas écoeurés de mourir bandes de caves!»
Humains de la murale Jordi Bonet
Jordi Bonet (gauche) durant la construction de la murale
Jordi Bonet durant la construction de la murale
Construction de la murale
Jordi Bonet durant la construction de la murale
Jordi Bonet durant la construction de la murale

Photo : Louise Leblanc

Photo : Louise Leblanc

Les premières saisons du Grand Théâtre se déroulent sous le signe de la fébrilité, de l’enthousiasme et de la fierté. Elles traduisent bien l’effervescence culturelle qui règne au Québec à cette époque. Chargé de présenter un large éventail des disciplines en arts de la scène au plus grand nombre de citoyens, le Grand Théâtre vise autant la culture avec un grand C que la culture populaire.

Alors que de nombreuses activités sont proposées en vue de sensibiliser la population au théâtre, à l’opéra et à la musique classique, le nouveau complexe culturel accueille également les artistes phares de la chanson francophone, de Robert Charlebois à Yves Montand, en passant par Diane Dufresne. Au cours de la saison 1978-1979, un nombre record de 447 000 spectateurs franchit les portes des deux salles.

La récession mondiale qui sévit au début des années 1980 n’épargne aucun secteur de l’économie. Les industries culturelles québécoises et internationales n’y échappent pas. Les comportements des spectateurs se transforment, obligeant les diffuseurs à développer des stratégies de mise en marché plus sophistiquées et à proposer des programmations s’appuyant davantage sur des valeurs sûres.

Malgré ce contexte difficile, le Grand Théâtre connaît plusieurs succès retentissants avec notamment la pièce Broue et le spectacle légendaire de Jean Lapointe. Les spectacles de variétés s’enchaînent avec, entre autres, ceux d'André-Philippe Gagnon et de Ginette Reno, tandis que la danse gagne un nombre croissant d’adeptes grâce à la présentation de productions de très haut calibre.

Poursuivant le développement de son modèle d’affaires, le Grand Théâtre fusionne son système de billetterie avec celui de la Ville de Québec, formant en 1987 le réseau Billetech qui constitue alors une des plus importantes billetteries au Québec.

Après des années mouvementées, cette décennie est celle de la consolidation des activités du Grand Théâtre. La programmation s’enrichit notamment de nombreuses comédies musicales à succès telles Notre Dame de Paris, Starmania, La Légende de Jimmy et Demain matin, Montréal m’attend. Ces productions grandioses marquent autant l’époque que l’imaginaire collectif. Les spectacles de variétés et d’humour remportent également beaucoup de succès auprès du public et contribuent à l’effervescence de cette période.

La décennie se caractérise aussi par l’intensification des efforts de médiation artistique et de démocratisation des arts de la scène. Des activités « portes ouvertes » sont ainsi proposées au public afin qu’il s’approprie « son » Grand Théâtre. De même, on développe des activités visant à rejoindre un public plus jeune – notamment les adolescents –, ce qui contribue à faire évoluer la programmation de l’institution.

LES ARTISTES

Au cours de la première décennie du nouveau millénaire, le Grand Théâtre consent des efforts soutenus au maintien d’une programmation diversifiée, conformément à la mission qui lui est confiée par le ministère de la Culture et des Communications. Tout en renouant avec des artistes consacrés qui ont fortement contribué à sa renommée, le Grand Théâtre réserve une place de plus en plus importante aux jeunes créateurs, notamment Les Cowboys Fringants, Yann Perreau et Jorane, qui connaissent un grand succès auprès du public de Québec.

LES TRAVAUX

Le Grand Théâtre entreprend des travaux de modernisation de ses deux salles, notamment la réfection du foyer de la salle Octave-Crémazie et le remplacement des fauteuils de la salle Louis-Fréchette.

La pérennité de l’édifice du Grand Théâtre s’inscrit également à l’ordre du jour au cours des années 2000. Le service de l’immeuble constate en effet que la structure de l’édifice brutaliste conçu par l’architecte Victor Prus commence à montrer des signes de dégradation préoccupants. À l’époque de sa construction (années 1960), le béton était considéré comme un matériau extrêmement durable et idéal pour la réalisation de formes géométriques complexes. La nouvelle Cité parlementaire que développait alors le gouvernement du Québec en fit un usage intensif. L’utilisation de sections de murs en béton préfabriqué offrait des avantages indéniables en termes de qualité de finition et de rapidité d’installation.

Toutefois, après plus de 30 ans d’exposition au climat québécois, les panneaux de béton formant les façades du Grand Théâtre présentent de nombreux signes d’usure : les composantes de béton préfabriqué se désagrègent de manière constante, leur surface se fissure, la pluie et la neige s’immiscent dans le matériau, le gel provoque l’éclatement du béton et des fragments se détachent du bâtiment.

Constatant cette dégradation, le Grand Théâtre réalise des travaux d’entretien préventifs et prend des mesures visant à assurer la sécurité du public et des citoyens qui circulent quotidiennement dans le carrefour achalandé entourant l’édifice : des filets de protection et des arches en acier sont fixés en divers points de l’édifice et une barrière végétale est installée tout autour du bâtiment afin de créer un trajet sécuritaire pour le public. Malgré ces travaux, les experts confirment que seule une intervention majeure pourra régler le problème de façon définitive. Les responsables de l’immeuble comprennent que des défis importants les attendent.

LES ARTISTES

Les années 2010 se poursuivent sous le signe de la continuité artistique avec une programmation toujours aussi diversifiée axée sur l’excellence des arts de la scène québécois et internationaux. S’appuyant sur la complicité développée avec les artistes d’ici et d’ailleurs et avec leurs équipes, le Grand Théâtre poursuit sa mission en offrant une vitrine de choix à la chanson, au théâtre, à la musique symphonique, à l’opéra, au jazz, à la danse et à l’humour. Cette programmation tous azimuts fait la part belle tant aux talents consacrés qu’aux artistes émergents qui écrivent et composent les classiques de demain.

Tout au long de la décennie, le public reconnait la qualité de la programmation et de l’expérience qui lui est proposée. Il participe en grand nombre aux activités présentées et il exprime sa très grande satisfaction à la faveur de plusieurs sondages qui confirment la pertinence de l’orientation artistique privilégiée par l’équipe. L’excellence du travail accompli par l’ensemble du personnel qui œuvre quotidiennement au Grand Théâtre se voit d’ailleurs reconnue publiquement par une récompense très significative, lors de l’attribution du Félix Diffuseur de spectacles de l’année au Gala de l’Industrie de l’ADISQ 2018.

LES TRAVAUX

Décelée au cours de la décennie précédente, la dégradation des façades de l’édifice progresse de manière irréversible et croissante au cours des années 2010, malgré l’adoption de diverses mesures visant à enrayer le phénomène. Le recours à une intervention majeure s’impose!

Toutefois, en raison des techniques privilégiées pour la construction du bâtiment, un problème inattendu complexifie considérablement la recherche de solution : les analyses révèlent en effet que la murale de Jordi Bonet est entièrement solidaire et indissociable des panneaux de béton qui forment les façades extérieures. On ne peut donc pas retirer les panneaux de béton endommagés afin de les remplacer puisque cela provoquerait la destruction irrémédiable de la murale.

Considérée comme l’une des premières réalisations artistiques totalement intégrées à l’architecture d’un bâtiment, l’œuvre occupe une place unique dans l’histoire politique et sociale québécoise en raison de la polarisation que suscita son message dans l’opinion publique à l’époque de son dévoilement et dans le cadre du débat sur la liberté d’expression artistique qui suivit. La recherche d’une solution doit donc privilégier la préservation de cette œuvre d’art exceptionnelle qui appartient au patrimoine culturel québécois.

Après un processus long, complexe et rigoureux, et alors que le temps presse de plus en plus, l’équipe du Grand Théâtre et ses collaborateurs développent une solution audacieuse : construire autour du Grand Théâtre une enveloppe de verre qui protégera les façades des intempéries et qui formera un sas étanche destiné à maintenir le béton à une température et à un taux d’humidité pouvant assurer sa pérennité et, par conséquent, celle de la murale de Jordi Bonet.

Grâce à la collaboration entre le Grand Théâtre et le ministère de la Culture et des Communications, le chantier se met en branle en 2017. C’est l’occasion pour les concepteurs d’expérimenter et, pour les constructeurs de mettre au point des méthodes de travail novatrices. Les défis posés aux différents corps de métier et professions sont complexes et nécessitent d’innombrables recherches, simulations, expériences et validations dans le cadre d’une démarche pluridisciplinaire fortement collaborative. S’échelonnant sur plusieurs saisons dans un secteur fouetté par les vents, la pluie et la neige, le chantier progresse à un rythme dicté par le travail de haute précision et les exigences très particulières d’une aventure architecturale sans précédent.

Au terme des travaux, faute d’avoir été construit sous des cieux plus cléments, le Grand Théâtre vit désormais dans un microclimat généré et géré selon des principes et des technologies d’avant-garde. De plus, en conformité avec les orientations de l’organisation en matière de développement durable, l’enveloppe de verre et les systèmes qui l’accompagnent ont été conçus de façon à s’intégrer au modèle de gestion efficiente de l’énergie. Le Grand Théâtre s'est d'ailleurs mérité le prix Énergia 2017 dans la catégorie «Remise en état», lors du 27e concours Énergia de l’Association québécoise pour la maitrise de l’énergie.

Sur les plans artistique et esthétique, l’enveloppe de verre, très minimaliste, met en valeur l’orientation brutaliste prise par l’architecte Victor Prus puisqu’elle laisse transparaitre le bâtiment original auquel elle confère une élégance moderne. De plus, ne comportant aucune intervention sur la murale de Jordi Bonet, elle en préserve l’intégrité totale.

Ainsi, à l’approche de son 50e anniversaire et tout en maintenant ses activités régulières, le Grand Théâtre a relevé un des plus importants défis de son existence. Maintenant plus attrayant et plus accueillant que jamais, il peut poursuivre sa destinée au service de tous les Québécois!

Esqui
Esquisse de l'écrin de verre du Grand Théâtre
Esquisse de l'extérieur du Grand Théâtre
Écrin de verre durant la construction
Écrin de verre
L'écrin de verre du Grand Théâtre
L'écrin de verre du Grand Théâtre
L'écrin de verre du Grand Théâtre

Pour en savoir plus sur l'écrin de verre du Grand Théâtre, visionnez le reportage de l'émission Découverte consacré à ce sujet et présenté sur ICI Radio-Canada Télé.

Saviez-vous que?

On compte 1885 places dans la Salle Louis-Fréchette, 510 dans la salle Octave-Crémazie et 125 au Studio.

Le Grand Théâtre est d'ailleurs le centre dédié à la diffusion de spectacles le plus important de Québec.

C'est environ 380 représentations par année dans 8 disciplines des arts de la scène qui y sont présentées. Il connaîtra dans les prochaines années une croissance significative avec l’ajout du Studio. À moyen terme, celui-ci a un potentiel de plus de 50 spectacles supplémentaires par année.

Ce sont dans les catégories Diffuseur de spectacles de l’année et Salles de spectacle de l’année qu'il s'est positionné ces trois dernières années en tant que nominé. En 2018, le Grand Théâtre a obtenu le le Félix du Diffuseur de spectacles de l’année.

Eh oui, il accueille en moyenne plus de 275 000 spectateurs par année!

C'est plus de 35 employés à temps plein et 200 à temps partiel qui oeuvre au sein du Grand Théâtre.