Photo de la chronique
Photo : Dominique Lafond

Dans cette nouvelle chronique de la série Curieux de Culture, Louis-Jean Cormier a accepté de jouer le jeu et de partager ses coups de cœur. Joint chez lui à Montréal, l’auteur-compositeur-interprète de 41 ans dit s’intéresser particulièrement à la relève artistique. « J’adore suivre la nouvelle garde. J’ai tellement reçu de mes pairs plus âgés! Maintenant, je tiens à être moi aussi dans la passation. » Voici quelques-uns des artistes qui sont dans sa mire en ce moment.

Musique - Ariane Roy

Guitariste talentueuse et auteure inspirée, Ariane Roy chante aussi divinement bien. Lors de son passage sur la plateforme numérique Le 360 de Louis-Jean Cormier, ce dernier a été impressionné par sa manière d’être en tant qu’artiste. « C’est comme si elle était tombée dedans quand elle était petite », dit-il à propos de la démarche artistique assurée et de la voix mature, empreinte du temps, de cette jeune artiste originaire de Québec. Sacrée Révélation Radio-Canada 2021-2022 en chanson, Ariane Roy possède une voix riche où se côtoient diverses influences, allant de la pop au jazz. Quand elle était enfant, ses parents l’amenaient chaque année au Festival de la chanson de Tadoussac. Elle y découvrait, émerveillée, de nouveaux artistes et se disait qu’un jour, peut-être, ce serait son tour de monter sur scène…

La sortie de son premier album est prévue au printemps 2022, mais il est déjà possible d’écouter plusieurs des créations d’Ariane Roy sur les plateformes numériques. Et très bientôt, on pourra la voir sur scène au Grand Théâtre!

Ariane Roy
Photo : Gaëlle Leroyer



Musique - Gab Bouchard

Au-delà de ses sourcils fournis, de sa moustache emblématique et de son regard perçant, Gab Bouchard a la musique dans le sang. Cet auteur-compositeur-interprète originaire du Lac-Saint-Jean est le fils du batteur Pierre Bouchard et le filleul de Fred Fortin. Mais son immense talent suffit à lui ouvrir la voie. Louis-Jean Cormier apprécie particulièrement la profondeur et la maturité des chansons de Gab Bouchard, désarmantes d’efficacité. C’est tout simple, mais la manière de faire est solide et pleine d’aplomb. « J’aurais aimé que mon premier disque soit aussi bon. Imagine ce qu’il va faire dans 10, 15 ans : ça va être extraordinaire. »

Le premier album de Gab Bouchard, intitulé Triste pareil, a enchanté les mélomanes et la critique avec ses mélodies efficaces et un bon dosage entre mélancolie et musique entrainante, quelque part entre le country-folk et le rock. L’artiste compose depuis déjà plus d’une décennie (et joue de la guitare depuis la maternelle). Ça promet pour la suite…

Gab Bouchard
Photo : Camille Gladu-Drouin


Réalisation - Benjamin Lussier

C’est à lui que Louis-Jean Cormier a confié la réalisation de ses trois derniers clips, notamment Le ciel est au plancher (inspiré de l’univers du cinéaste franco-chilien Alejandro Jodorowsky), dans lequel le ciel et le sol se confondent. Louis-Jean ne tarit pas d’éloges à l’égard de Benjamin Lussier : ses collaborations avec lui sont de loin les plus enrichissantes depuis le début de sa carrière. Il apprécie tout particulièrement « son cerveau foisonnant et la justesse de son tir », qui l’amènent ailleurs dans la réalisation des clips.

L’esthétique éclatée de Lussier est issue de la rencontre de deux univers. D’un côté, la réalisation, avec une approche sensible et authentique, mais aussi astucieuse et parfois teintée d’humour. De l’autre, son expérience en postproduction qui lui permet de manier avec habileté la création d’images et les effets spéciaux. D’autres artistes ont fait appel à son talent, notamment Mara Tremblay (Le printemps des amants) et Fanny Bloom (Nos cœurs). Benjamin Lussier a aussi quelques courts métrages à son actif, dont Pool, qui raconte l’histoire d’un jeune homme souffrant de mutisme sélectif qui déambule en commentant le monde.

Benjamin Lussier
Photo : Maxyme G. Delisle (Consulat)


Danse - Virginie Brunelle

En 2009, Louis-Jean-Cormier et son groupe Karkwa participaient aux Jeux de la Francophonie tenus au Liban (ils y ont d’ailleurs raflé la médaille de bronze). Parmi les autres participants québécois se trouvait la danseuse et chorégraphe Virginie Brunelle, dont il a tout de suite aimé le travail. Leurs chemins se sont recroisés depuis, entre autres pour le clip 100 mètres haies, dont Virginie signe la chorégraphie.

C’est d’abord par la musique que Virginie Brunelle a découvert sa fibre artistique. Après avoir consacré son enfance au violon, elle a transféré ce savoir musical et sa maitrise du rythme dans une formation en danse. Depuis 2009, elle assure la direction générale et artistique de la Compagnie Virginie Brunelle, dont les créations, présentées à travers le monde, se démarquent par l’émotion brute des interprètes et l’humanité des sujets abordés.

Les corps avalés, la plus récente création de Virginie Brunelle, sera présentée au Grand Théâtre à l’automne 2022.

Virginie Brunelle
Photo : Anne-Marie Baribeau


Auteur - Steve Gagnon

Louis-Jean Cormier adore le théâtre, surtout les créations contemporaines. Parmi ses coups de cœur récents, il y a la pièce Les étés souterrains de l’auteur, dramaturge et comédien Steve Gagnon. Il a écrit et proposé ce monologue théâtral à Guylaine Tremblay après l’avoir entendue dire qu’elle n’avait jamais relevé le défi de monter seule sur scène. Dans la pièce, son personnage, pragmatique et libre, questionne l’ordre établi et agit sans rendre de comptes à personne… jusqu’à ce que la vie s’en mêle et vienne ébranler ses certitudes.

Louis-Jean aime la plume de Steve Gagnon, parce qu’elle « allie une poésie extraordinaire et une simplicité dans l’émotion ». L’auteur originaire du Lac Saint-Jean se permet de jouer avec la langue, mélangeant l’oralité brute et la poésie, passant du trash au langage littéraire dans un même élan créateur. C’est là une liberté que les auteurs devraient s’accorder plus souvent, avance Louis-Jean Cormier, qui fait un lien avec l’expérience qu’il a lui-même vécue en chantant les mots de Gaston Miron pour l’album Douze hommes rapaillés.

Depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2008, Steve Gagnon a écrit sept pièces, toutes publiées et jouées sur scène. À cela s’ajoutent un essai, un recueil de nouvelles ainsi qu’une présence soutenue sur les planches et, de plus en plus, à la télé, notamment dans L’Échappée, District 31 et Ruptures.

Steve Gagnon et son livre


Cinéaste - Myriam Verreault

C’est à Myriam Verreault que l’on doit le magnifique long métrage Kuessipan, adaptation libre du roman de l’écrivaine Naomi Fontaine. Maintes fois primé, ici et à l’étranger, le film raconte le passage à l’âge adulte de deux jeunes femmes vivant dans une communauté innue. Leur amitié est bouleversée quand l’une d’entre elles tombe amoureuse d’un allochtone et commence à entrevoir une vie à l’extérieur de la réserve.

Myriam Verreault a convaincu Louis-Jean Cormier d’interrompre son année sabbatique pour composer la musique originale du film. Ce dernier décrit la jeune réalisatrice et scénariste comme étant en plein contrôle de son art. Il a beaucoup d’estime pour son œuvre, réaliste et très engagée. Tout y est parfaitement dosé, avec de beaux clins d’œil à l’histoire du cinéma. Le résultat se situe quelque part entre documentaire et fiction, « c’est de l’art utile », précise Louis-Jean Cormier en paraphrasant la journaliste culturelle Émilie Perreault.

Le premier film de Myriam Verreault, À l’ouest de Pluton, avait aussi remporté un grand succès critique. Ce long métrage de fiction avait été sélectionné dans plus de 50 festivals à travers le monde.

Myriam Verreault
Photo : Julie Gauthier


Conception d'éclairage - Mathieu Roy

La collaboration entre Louis-Jean Cormier et Mathieu Roy remonte aux débuts de Karkwa. Avec un talent fou et une créativité débordante, ce jeune éclairagiste qui a appris « sur le tas » est rapidement devenu l’un des concepteurs visuels les plus demandés au Québec. Dans le milieu de la musique, son expertise a d’ailleurs été maintes fois primée.

Mathieu Roy décrit son métier comme une création de poésie visuelle. C’est un rôle qui exige une grande polyvalence : il faut posséder de solides connaissances techniques, une expérience de la scène et de la tournée (car devoir déplacer l’équipement est une donnée importante de l’équation), et surtout un grand sens de l’écoute, pour que l’éclairage sublime l’intention de l’artiste à chaque moment du spectacle.

Mathieu Roy se démarque par son côté inventif et bricoleur. Ses propositions sortent des sentiers battus, étonnent et provoquent l’étincelle. La plupart du temps, Louis-Jean Cormier lui laisse d’ailleurs carte blanche pour la conception visuelle de ses spectacles. Patrick Watson, Ariane Moffatt, Brigitte Poupart, Alex Nevsky, Marie-Mai et plusieurs autres font aussi appel à ses lumières.

Avec le temps, Mathieu Roy est devenu un spécialiste de la projection vidéo - communément appelée mapping - qui consiste à projeter sur de petites zones finement découpées. On a pu voir ce talent à l’œuvre dans la tournée solo qui a suivi la parution de l’album Les grandes artères. Des images étaient projetées sur de grands gougeons placés devant et derrière Louis-Jean Cormier, créant pour les spectateurs un effet des plus surprenants.

Mathieu Roy
Photo : Merryl B. Lavoie


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